Période antique : les Poètes de la Grèce antique et de Rome

 

Les origines de la poésie se confondent avec les mythes de la Grèce antique. Les Grecs associaient en effet la poésie à plusieurs divinités ou personnages mythiques.

  • Les neuf Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, à chacune desquelles on attrbue un domaine du savoir humain; Ainsi, le poète invoquait-il sa Muse afin de recevoir l'inspiration car les Grecs pensaient que l'inspiration était divine et sacrée, et qu'elle n'était donnée à des êtres d'exception.

  • Orphée, Fils de Calliope, Muse de la poésie épique et du roi de Thrace, Orphée était l'un des rares mortels capables de rivaliser avec les dieux dans l'art de jouer de la lyre, alors étroitement associé à la poésie. L'art d'Orphée était tellement merveilleux qu'il était capable d'émouvoir la nature elle-même, d'adoucir les bêtes sauvages et d'attirer à lui les arbres et les montagnes. Orphée tomba amoureux de la nymphe Eurydice qu'il épouuusa, mais cette dernière mourut peu après la noce, piquée par une vipère. Fou de douleur, Orphée descendit aux Enfers afin d'en ramener Eurydice, ce que nul homme n'avait tenté avant lui. Par les accents de sa lyre, il réussit à émouvoir les divinités infernales qui l'autorisèrent à ramener sa femme au jour mais à la condition qu'il ne se retournerait pas pour la regarder. Mais alors qu'ils s'approchaient du monde des vivants, Orphée pris de doute, se retourna, vit une dernière fois sa jeune épouse qui disparut à jamais dans les Enfers. Après la mort d'Orphée, les dieux placèrent sa lyre au ciel où elle devient une constellation. C'est de la "lyre" que vient le mot lyrisme qui désigne un type de poésie privilégiant l'expression des sentiments, l'amour, la douleur du temps qui passe...
  • Apollon, dieu de la musique et de la poésie, charmait aussi les dieux de l'Olympe quand il jouait de la lyre, son instrument favori. Egalement dieu de la vérité et de la raison, ils inspirait les poètes qui cherchaient à élucider les mystères du monde.
  • Dionysos, fils de Zeus et de Sémélé, était le dieu du vin et de l'ivresse. Les poètes inspirés par Dionysos étaient pris de "fureur", une sorte d'ivresse, et créaient, sous l'emprise du dieu, une poésie libre où les désirs et les sentimentsse déchaînaient. C'est du culte de Dionysos qu'est née la tragédie, long poème chanté et mis en scène qui racontait les malheurs des héros.

 La poésie faisait donc partie de la vie quotidienne des Grecs, accompagnait les fêtes religieuses et les divertissements. C'est pourquoi les plus anciens textes de la Grèce qui nous soient parvenus sont des poèmes, qui étaient chantés ou accompagnés d'un instrument, sans doute la lyre. Le poète était d'ailleurs appelé aède (c'est-à-dire "chanteur), car il chantait les exploits des dieux et des héros en s'accompagnant de la lyre.

Homère, auteur de l'Iliade et de l'Odysée, est l'aède le plus célèbre de l'Antiquité grecque.


La poésie latine a une histoire, marquée à la naissance par un accident. D'après ce que nous connaissons, les poètes latins de l'histoire ancienne de Rome (4ème siècle av JC) s'exprimaient avec le vers saturnien.
D'après la légende, on croyait que le Dieu Saturne avait fuit son père dans le Latium.

Or, nous n'avons de ce vers que quelques exemples, on ne connait donc pas exactement sa règle. On sait juste qu'il accorde une importance particulière à la récurrence des sons et aux onomatopées mais il n'a pas tenu dans le temps.

Au 2ème siècle av JC, le premier grand poète Ennius (qui en vérité était grec puisque l'Italie du Sud appartenait la Grèce), a commencé à écrire en latin les Annales sur l'histoire de Rome, en plus de 10 000 vers.
Il a écrit ce poème en empruntant à la Grèce son hexamètre dactylique. C'est un vers de 6 mesures, composé d'une brève et de deux longues. En le répétant, cela donne le vers d'Homère. Le prestige de ce vers suggère à Ennius d'écrire son poème sur ce vers. Il ne nous en reste que 600 vers.

À partir de là, la poésie latine sera toujours appliqué à ce vers. Cette réalité, qui joue sur la loi du vers, va peser lourd sur la suite de l'histoire. En effet, presque un dixième de la langue latine ne rentre pas dans ce vers à cause du schéma rythmique particulier au grec.
Par exemple, le mot imperator n'est pas utilisable. Du coup Ennius est obligé de faire un barbarisme et de le remplacer par induperator.

Ovide, qui lors de son exil écrit deux œuvres élégiaques, pour faire référence à son ami dont le nom ne rentre pas dans ce vers, doit utiliser la périphrase « toi que je ne peux nommer. » (C'est une référence à Tuticanus.)

Enfin, quand les poètes veulent nommer une femme qu'ils ne peuvent citer, ils utilisent le pseudonyme de Lesbia par exemple.

À cause de ces difficultés, le poète latin va avoir le droit de disloquer l'ordre normal des mots dans la phrase.

Un vers de 5 termes peut donc avoir 120 formes. Cela libère la langue latine et les grands poètes latins :

    Ennius, Ovide, Lucrèce, Catulle...
    Tibulle, Properce, Lucain, Stace...
    Juvénal, Martial, Claudien, Rosane...

à Horace et Virgile restent les plus beaux, les plus nécessaires, les plus... Ils sont très amis.